Simone Schwarz-Bart

  • Télumée, paysanne de la guadeloupe née au début du siècle, a été élevée par sa grand-mère, " haute négresse " justement nommée reine sans nom.
    Télumée a souffert de sa condition de femme, de noire et d'exploitée. pourtant, qu'elle soit en compagnie d'elie ou au côté d'amboise, le révolté, sa volonté de bonheur, de " récolter par pleins paniers cette douceur qui tombe du ciel ", est la plus forte.
    Voici l'univers des antilles, avec ses couleurs, ses odeurs, sa vérité secrète, livré par une romancière qui s'approprie la langue française pour la soumettre à la musique noire.

  • Ti Jean L'horizon

    Simone Schwarz-Bart

    " on peut lire ti jean l'horizon comme une aventure extraordinaire, un conte d'amour, une histoire de sorcellerie, un ouvrage de science-fiction oú la bête jouerait le rôle de machine à remonter le temps : mais c'est aussi une quête de l'identité, un voyage que j'aurais fait au bout de ma nuit antillaise, pour tenter de l'exorciser.
    Comme mon héros, j'aimerais dire que je ne suis qu'un enfant et le monde un moulin à mystères. ".

  • Louise est l'enfant Solite, la descendante de la Mulâtresse Solitude, grande figure de la résistance des esclaves noirs à la Guadeloupe. Dans la plantation de Mme de Montaignan, portée par l'admiration et la crainte qu'elle suscite auprès de ses pairs, Louise est au centre de l'attention. Se pourrait-il que l'ardent désir de révolte et de liberté de son aïeule se soit à nouveau éveillé en elle ?

  • Une vieille femme de couleur, originaire de la Martinique, achève ses jours dans un hospice public.
    Nous sommes à Paris, dans la seconde moitié du XXe siècle. A travers ses nostalgies resurgissent des mondes anciens : l'esclavage, la servitude, une misère à peine tempérée par le ciel, les hautes figures de l'enfance. Et peu à peu se dresse sous nos yeux un personnage exemplaire, dont l'existence ne fut qu'un seul et inlassable défi lancé " à l'oubli, au grand âge, mais aussi, surtout, à " l'hostie de la soumission spirituelle aux blancs.
    ".

  • C'est l'histoire d'un couple rare. Celle de deux écrivains, l'une guadeloupéenne, l'autre juif, dont l'oeuvre croisée témoigne de la souffrance de leurs peuples. Et celle de deux êtres éperdument soudés, qui, pendant cinquante-cinq ans, tous les soirs, se sont lu un poème d'amour de Pablo Neruda.
    Il y a pourtant un mystère autour des Schwarz-Bart. Pourquoi, au milieu des années 1970, se sont-ils tus et enfermés dans leur maison de Guadeloupe ? Douze ans après la disparition de son mari, Simone donne sa vérité sur le parcours hors norme d'un petit juif d'origine polonaise et d'une métisse solitaire.
    En 1959, André Schwarz-Bart publie Le Dernier des Justes. Premier roman d'un jeune ouvrier inconnu, orphelin de parents morts à Auschwitz, cette éblouissante saga raconte l'histoire d'une famille juive et, à travers elle, le monde yiddish, disparu dans les camps nazis. Goncourt âprement disputé avec les jurés Femina, premier succès romanesque sur le sujet, le livre est un best-seller dans le monde entier. Simone et André cosignent ensuite Un plat de porc aux bananes vertes. Mais les ouvrages suscitent d'insupportables polémiques. La vision du judaïsme de Schwarz-Bart est très critiquée et, blessé, il cesse définitivement de publier.
    En Israël, sur un mur du musée de Yad Vashem, on peut lire le Kaddish révolté qui conclut Le Dernier des Justes : "Et loué. Auschwitz. Soit. Maïdanek. L'Eternel. Treblinka. Et loué..."

  • Paris, années 50. Marie travaille en France dans une maison de retraite. D'origine antillaise, elle s'est liée d'amitié avec Jeanne, une dame âgée dont elle s'occupe avec douceur et humanité et qui lui raconte sa vie. Avant de mourir, sa vieille amie l'incite à écrire sa propre histoire.

    Fidèle à sa promesse, Marie entreprend alors le récit de son existence. Et le roman s'ouvre sur le grand large. Née à l'aube du XXe siècle, la jeune Mariotte quitte la Martinique après l'éruption de la montagne Pelée qui a détruit la ville de Saint-Pierre, en 1902. Son errance la conduit d'abord en Guyane, où elle s'éprend, dans des conditions rocambolesques, d'un ancien bagnard reconverti dans l'orpaillage et sur le point de quitter le pays. Il entraînera Mariotte avec lui, à New York, puis en Colombie, jusqu'à Bogotá, où il l'abandonnera. Livrée à elle-même, la jeune femme puisera dans sa vitalité faite de colère, de courage et de joie de vivre pour dire adieu à Bogota, se tourner vers un autre homme, et un autre continent.

    Rappelant l'oeuvre et les personnages de García Márquez, ce personnage qui arpente le monde et le temps ressemble aussi à André Schwarz-Bart : mêlé au monde et toujours en décalage, présent et en même temps ailleurs, étranger.

    Simone Schwarz-Bart a publié, seule ou avec son mari André, des romans et du théâtre. Depuis la disparition d'André Schwarz-Bart, en 2006, elle a repris et achevé le cycle des romans antillais commencé à quatre mains avec Un plat de porc aux bananes vertes (Seuil, 1964) : L'Ancêtre en Solitude (Seuil, 2015) et aujourd'hui Adieu Bogota.

  • Trois générations de femmes à la Guadeloupe depuis le milieu du XIXe siècle jusqu'aux premières années du XXe : La première, Bébé, est la fille de La Femme Solitude, une esclave devenue un personnage mythique ; elle est achetée par la veuve d'un planteur. Elle est un peu sorcière, voit des apparitions de Jésus. Un pauvre blanc l'achète, « la met en case », lui fait trois filles. Il finira par l'épouser avant de mourir. La seconde, c'est Hortensia, une des fille de Bébé. L'esclavage a été aboli mais rien n'a changé vraiment. Hortensia est, comme sa mère, une étrange petite fille, avide de sortilèges, tentée par la révolte mais prisonnière de sa condition. La troisième femme est la fille d'Hortensia. On l'appelle Mariotte. Elle vit avec sa grand-mère, Man Louise, sa mère et ses deux tantes. L'enfant s'attache à un grand gaillard qui lui fait un peu peur mais lui raconte, à sa façon, l'histoire de son aïeule, la Femme Solitude.
    De nombreux personnages, hauts en couleur, vivent autour des trois héroïnes. Tout un petit monde revit dans une langue colorée et savoureuse. Le réalisme du quotidien est enchanté par les pensées et les sentiments des trois femmes : univers mystérieux où errent des ombres et des démons, où surnagent les restes de religion chrétienne. L'existence n'est pas facile, mais c'est la joie ou du moins l'élan à vivre qui l'emporte toujours.

empty